Dragon, figure du mal ?

 

 

Une nouvelle fois, dans les manuels d’iconographie classique, le dragon symbolise le Malin, le Diable, le Mal, il est la figure opposée du saint. Il doit être chassé puis anéanti. Telle est la mission du bon chrétien.

Si le saint réussit à vaincre le dragon, le chrétien alors peut vaincre le Mal.

Deux sensations contradictoires surgissent rapidement dès qu’on observe le dragon  : il fascine et il fait peur.

Mais à quoi ressemble –t-il, ce dragon ?

 

Il est protéiforme

 

Sa première caractéristique est de se transformer.

Immense chez chez Colombe, ou sur la Bible de Pampelune, minuscule dans la miniature de Toulouse.

Il n’a pas de forme clairement définie. Tout en courbes il n’est jamais le même, à l’inverse de la croix qui se tient debout avec une ligne horizontale, une verticale et qu’on  repère tout de suite.

Au Moyen-Âge il fait partie de tous les bestiaires, au même titre que tous les autres animaux.

 

Il est insaisissable

 

Il vole dans les airs, il nage dans l’eau, il souffle le feu, il court, glisse, rampe sur la terre. Muni d’écailles, d’ailes, de griffes, de pattes et surtout d’une langue et de dents, il est partout et toute l’animalité est en lui.

 

Le dragon ne ressemble à rien et imite tout : le chien, l’aigle, le lion, le taureau, le chacal et le serpent.

 Il est vorace, cruel, sans pitié aucune:  il dévore tout, sa faim est sans limites.

 Il exprime sans retenue sa cruauté et montre sans pudeur l’intérieur de sa bouche : ses dents, sa langue.

C’est un ravisseur, un tueur, un terroriste.

 

Le problème, avec les dragons, c’est qu’ils nous fascinent.

Alors on ne les arrête plus. Leur capacité à se transformer est sans limites. Mais nous avons vu que la figure du saint est également un modèle de plasticité et qu’il est impossible de la cerner de façon définitive.

Les deux valeurs de Bien et de Mal sont données par la religion judéo chrétienne comme deux strictes opposées dont l’une est divine, l’autre diabolique. Or chez de nombreux peintres et sculpteurs elles ne sont pas séparées par une frontière qui délimiterait la bonne lumière d’un côté et l’immonde obscurité de l’autre. Ces deux territoires, en fait, n’en forment qu’un.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Google+ Social Icon
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now