La victoire du bien sur le mal. Est-ce si simple ?

 

Un combat mais pas encore une victoire

On lit dans tous les bons manuels d’iconographie chrétienne que le sens de cette image se résume à la victoire du Bien sur le Mal.

Bien sûr, aux origines notamment à l’époque des Croisades les images sont associées à la victoire de la foi chrétienne sur le démon. Mais est-ce l’unique discours ? Est-ce bien cela et seulement cela que les artistes ont voulu représenter ?

N’y a-t-il pas d’autres pistes d’interprétations possibles que ce combat univoque entre deux valeurs strictement opposées ?

 

Une première observation montre que le plus souvent le dragon est représenté en attitude de combat et fait face au saint. Il n’a souvent que ses dents  et ses griffes à opposer à la lance et l’épée mais rien ne dit encore qu’il sera vaincu. C’est cet instant de la légende où le suspens est encore entier qu’ont privilégié les artistes. Et on compte sur les doigts d’une main les représentations où le dragon est définitivement occis, comme chez Mantegna ou Dürer. Ceci confirme de façon évidente la représentation d’un combat mais pas encore celle d’une victoire.

Quand le dragon devient socle

 

Dans une grande famille de représentation très présente en Europe du Nord on trouve une configuration qui oblige à envisager autrement l’opposition saint-dragon. Ici pas de destruction d’un des protagonistes par l’autre ou même de séparation entre les protagonistes.

Dans les travaux de nombreux peintres ou sculpteurs, le saint est debout sur le dragon comme sur un socle. L’un existe grâce à l’autre et il se dégage de ces figures un équilibre inattendu.

Le geste du chevalier avec sa lance rappelle celui du batelier ou du gondolier. Un peu comme s’ils partaient paisiblement en voyage, ensemble.

Les deux ennemis font bloc

On retrouve cette même sensation paisible, mais cette fois les deux figures voudraient clairement  n’en faire qu’une. Le sculpteur abandonne l’idée d’une opposition frontale entre deux valeurs mais il utilise le même matériau, les mêmes couleurs pour  obtenir une harmonie nouvelle. Le sens de ces sculptures rejoint des philosophies plus orientales, où ying et yang sont les parties d’un tout.

Un combat contre des forces hostiles

Il est difficile de nier la violence qui se dégage de nombreuses œuvres. L’appel à un combat contre des forces hostiles est fréquent et il serait absurde de ne pas le reconnaitre. Et on ne s’attaque pas impunément au dragon. Il faut mettre une bonne dose de courage, de force et de détermination pour planter le fer de la lance dans la gueule terrifiante du dragon. Le danger de perdre la vie est au cœur de la scène. Et dès les premières représentations dans les églises rupestres de Cappadoce, on devine qu'il est question d'une victoire fantasmée contre l'ennemi.

Un combat intérieur, pour un héros de tous les âges, masculin ou féminin

Oui, l’acte représenté est en soi un acte violent mais on peut observer toute une série de peintures et surtout de sculptures où il s’exerce sans aucune violence. Où le visage du saint fait apparaitre une concentration toute intérieure, comme s’il était agi de l’extérieur par une force divine. Le combat devient alors plus intérieur, plus personnel, plus singulier aussi .

Dans ces œuvres le combat prend alors une dimension métaphorique où le héros a rendez-vous avec son propre dragon.

Dans cette perspective on trouve des œuvres sublimes où dialoguent le monde conscient et inconscient comme celles de Vitale de Bologna, Cosme Tura ou Giacoppo Bellini.

Pour ouvrir plus encore notre iconographie, essayons de caractériser l’âge et les traits les plus fréquents de notre cavalier. On se laisse vite surprendre par des traits de visage, des formes de hanche qui rappellent ceux d’une femme, d’une d’une jeune fille, ou même d’un enfant. L’image reste d’une plasticité étonnante et tout le monde pourra s’identifier au héros, quel que soit son genre, son âge. Il partage d’ailleurs cette capacité de transformation avec le dragon.

 

Pour ouvrir plus encore notre iconographie, essayons de caractériser l’âge et les traits les plus fréquents de notre cavalier. On se laisse vite surprendre par des traits de visage, des formes de hanche qui rappellent ceux d’une femme, d’une d’une jeune fille, ou même d’un enfant. L’image reste d’une plasticité étonnante et tout le monde pourra s’identifier au héros, quel que soit son genre, son âge. Il partage d’ailleurs cette capacité de transformation avec le dragon. que soit son genre, son âge. Il partage d’ailleurs cette capacité de transformation avec le dragon.

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