Le civilisateur, le protecteur des cités nouvelles

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Georges le civilisateur, une mission profane

 

Une autre lecture s’impose rapidement et celle-là de façon beaucoup plus consensuelle, c’est celle d’un saint Georges civilisateur, qui endosse des responsabilités profanes, sort de son costume strictement religieux et accompagne la grande mutation économique et sociale  de ce haut Moyen-âge.

Si on observe par exemple le tableau dUcello qui est au Musée Jacquemart André à Paris, on observe un contraste net entre un premier plan de sable sec, stérile, hostile et un second plan d'une nature ordonnée avec des champs délimités par des haies. Opposition entre une nature encore sauvage associée au vice, au diable, au dragon et une nature devenue fertile, organisée en cultures par la main de l’homme.

 

Au moment du passage de la fin du Moyen-Âge vers la Renaissance urbaine, l’antagonisme entre des centres urbains civilisés, raffinés et des campagnes incultes encore vouées à l’idolâtrie et au vice tend à s'atténuer. On réorganise les villes et on multiplie notamment les cultures bien au-delà des remparts. Les espaces s'agrandissent grâce à l'extension des champs, à des plantations nouvelles d'arbres fruitiers, de vigne, de produits maraîchers.

saint Georges va sortir de la légende pour incarner cette avancée dans la modernité.

       

Georges, le compagnon des nouveaux territoires

Dans la plaine du Pô, en Italie du Nord, mais aussi dans les Provinces-Unies, les Pays-Bas actuels, des travaux d’assèchement des terres et de nouvelles techniques d’irrigation permettent de gagner de nouveaux territoires sur les espaces marécageux ou sablonneux. Des terres autrefois incultes et hostiles deviennent cultivables. Les dragons qui jadis les occupaient sont repoussés.

Comme dans la légende de Cadmos chez les Grecs, qui tue un dragon et sème ses dents qui deviennent des guerriers et l’aident à bâtir la ville de Thèbes, saint Georges et son dragon sont associés dans de nombreux pays à la création de nouveaux territoires.

L’exemple du tableau de Mantegna où la queue du dragon se transforme magiquement en une route qui ouvre le château sur la campagne cultivée est saisissant.

Georges, le protecteur de la nouvelle bourgeoisie

Saint Georges était traditionnellement lié, depuis les Croisades, aux princes et aux Nobles. Or à la fin du XVe, les bourgeois ont acquis des charges importantes au sein de la cité. Il faut dire que le commerce est en expansion avec de nouvelles marchandises agricoles et textiles.  Des avancées techniques dans la fabrication des armes donnent lieu à des échanges qui s'intensifient. Et cette classe moyenne qui acquiert dans les cités  charges et responsabilités va choisir, elle aussi, de se placer sous la protection de saint Georges et lui assurer une nouvelle jeunesse.

Comme sur le tableau ci-dessus où chaque confrère de la Guilde des Arbalétriers de Malines va pouvoir, grâce à la peinture, prétendre à l’immortalité, autrefois réservée à la noblesse. Le saint a ici le visage du jeune prince, Philippe le Beau, souverain des Pays Bas bourguignons depuis cinq ans. Il a 20 ans, il est jeune et beau, il fait penser à Apollon avec sa magnifique teinte blonde et dorée.

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