Le Mégalomartyr

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Plusieurs vies

Une des caractéristiques de Saint Georges est d’avoir eu plusieurs vies et une des premières peut surprendre : en effet, avant d’être un vainqueur toutes catégories, il sera d'abord célèbre pour avoir subi le pire martyr jamais infligé.

 

 

D’abord, des légendes

Dans les débuts du christianisme, des légendes commencent à circuler du côté de l’actuelle Turquie, Grèce, Syrie, Israel, colportées par des raconteurs d’histoires en tout genre, des bateleurs, des poètes, qui parlent en grec, en latin, en copte, d’un saint Georges qui n’a pas de cheval, pas d’armes, ni cuirasse, pas de dragon à terrasser, pas de princesse à sauver, mais qui subit le pire des pires martyres.

 

Que disent -elles ?

Nous sommes à l’époque de l’empereur Dadianus, empereur des Perses, ou bien Dioclétien (280/305) , empereur romain, grand pourfendeur de chrétiens. Georges est un militaire d’origine capadocienne qui se convertit brutalement, se déclare soldat du Christ, distribue ses biens aux pauvres, puis se présente devant l’empereur et clame sa foi. Une dispute commence, l’empereur adore plusieurs dieux et refuse toute autre croyance. Georges l’accuse d’adorer des dieux qui ne sont que des idoles. Il détruit alors une statue d’Apollon. Dans un texte copte, il va arracher de son piédestal une statue d’Apollon, et littéralement torturer une autre d’Héraklès. L’empereur pour le punir, lui inflige les supplices.

Georges se comporte comme un terroriste chrétien ! Ni plus ni moins.

 

Il est alors condamné à subir des tortures toujours plus terribles. Il y bien d’autres martyrs, qui subissent le fer ou le feu, mais aucun ne les subit tous, comme le fait Saint Georges.

 

Extraits…

 

Au matin on fit monter une grande roue à griffes pointues, afin de déchirer son corps jusqu’à ce que ses entrailles se répandent à terre...

 

...scié en deux jusqu’à ce que l’épée tombât entre ses jambes...

 

...forcé de mettre des chaussures garnies de clous acérés...

 

... frappé sur la tête à coups de marteau qui font jaillir sa cervelle blanche comme du lait…

 

…condamné à être jeté dans l’eau bouillante…

 

... il sera découpé par ses bourreaux en dix parties, comme à l’abattoir, mais il ressuscitera…

 

...ses morceaux jetés dans un grand chaudron avec un mélange de plomb, de graisse de bœuf et de bitume mais une voix céleste commande : « Lève-toi et sors du chaudron », et le martyr ressuscite…

 

Et cette suite de supplice va servir de motif pour des représentations souvent magnifiques dans les églises (sculptures, peintures, fresques…) et dans les monastères (enluminures, miniatures…) ; destinées aussi bien aux gens du peuple qu’aux intellectuels.

 

 

Le megalomartyr

Aux débuts du christianisme, le culte des saints va vite prendre une importance considérable. Parmi eux les saints martyrs sont particulièrement vénérés. Des pèlerinages s’organisent en Orient autour des tombeaux des martyrs ou de leurs reliques, attirant des fidèles même de l’Occident.

 

Georges est rapidement le plus fameux , si bien que Les Byzantins vont le nommer megalomartyr, un mégalo du martyre. Bien des saints martyrs ont subi un supplice bien particulier, mais lui va les subir tous. Et devenir un parent du Christ, qui lui aussi a souffert un martyr.

 

Avant de tuer mille fois, son exploit sera de mourir mille fois. Si la mort pour un humain survient à un instant donné, chez Saint Georges elle se déploie en multiples épisodes.

 

Les croyants sont martyrisés, mais meurent pour être ensuite sauvés.

Ces passions proposent un formidable outil de pensée religieuse, et politique, qui transforme la souffrance en patience, l’humiliation en victoire, l’empire terrestre en empire céleste.

Pire est la torture, plus grande est la sanctification pour celui qui en réchappe !

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