Le Tropaïphoros, le super-champion

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

A partir de la fin du 12e siècle, le trio saint-dragon-princesse est constitué.

C’est ce saint Georges que nous connaissons le mieux : le grand vainqueur, celui qui va mettre le dragon à genoux, celui que les chrétiens d'Orient nomment, après le Megalomartyr, le Tropaïphoros, Georges le super victorieux.

Un saint militaire  

Il est souvent représenté en cuirasse, c’est un saint militaire. 

Cette époque du Moyen-Âge est marquée par une révolution théologique : dorénavant on pourra être guerrier ET saint,

ce qui était impensable auparavant.

Est apparue aussi depuis la bataille de Bouvines l’idée de guerre juste, de guerre pour la foi et la paix. (cf G.Duby,

Un dimanche à Bouvines)

  

Notons aussi que cette représentation du saint soldat, agit à deux niveaux :

 

  • à la fois, elle appelle, elle pousse celui qui regarde à entamer le combat pour la foi et la religion.

  • mais la figure est aussi protectrice : quand on la regarde, on peut aussi se dire, me voilà bien protégé !

 

 L’image d’un dieu qui gagne

 

L’image qui prédomine en ces débuts de christianisme, c’est le Christ en croix,  une image de souffrance, de faiblesse, de défaite. N’oublions pas qu’on assiste à un renversement total de valeurs : le Messie  va naître dans une auge, avec des parents pauvres et en fuite. Or, nous sommes dans des sociétés qui sont marquées depuis plusieurs siècles par les dieux du panthéon grec et romain, qui sont puissants, solaires, qui brandissent la foudre et sont des modèles de force et de beauté.

 

Une question se pose alors : ces sociétés n’ont-elles pas eu besoin d’autres images pour contrebalancer la fragilité et la faiblesse, et insuffler de la puissance avec l’image d’un Dieu qui gagne, qui redonne confiance et force ?

Ce qui confèrerait  à notre saint Georges le rôle du passeur entre deux rives, deux conceptions religieuses.

 

De façon plus générale, aujourd’hui, le jeune homme contemporain se régale avec Batman ou Superman, héros à qui rien ne résiste. Est-ce que jadis le jeune paysan d’Alsace ou d’Aragon ou du Danube, le commerçant de Gênes ou de Hambourg n’a pas vu saint Georges comme un personnage tout-puissant, capable, lui aussi, de venir à bout, à tous les coups, du terrible dragon.  Et ainsi  se donner du courage pour la journée, et se projeter dans un avenir éclatant.

Cette image a le pouvoir de convertir une peur difficile à nommer en fantasme de victoire (Georges Didi-Hubermann).

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Google+ Social Icon
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now