Les raisons du succès fulgurant

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Les Croisades

        

Cet événement historique entre les 11e et 13e siècle, va se révéler déterminant pour la diffusion du culte et donc des images et des légendes en Europe occidentale.

 

Cuirasse et croix

Avec Les Croisades,  l’activité guerrière devient sainte : la sainteté ne s’obtient pas malgré ou dépit de la violence mais aussi grâce à un exercice de la violence. Le héros militaire et religieux va pouvoir être définitivement légitimé. Cuirasse et croix sont portées par un même homme, un nouveau héros.

N’oublions pas que les Chrétiens ont eu aussi leur Jihad.

 

Saint Georges, LE saint des Chrétiens d’Orient devient le patron des Croisés

           

La 1ere croisade, en 1098, a été ardemment souhaitée par le pape Urbain II mais elle a surtout permis aux princes de l'Occident d’aider leurs coreligionnaires d’Orient - de l’actuelle Syrie et Lybie - contre les Turcs Seljoukides qui occupaient Jérusalem et bloquaient toutes les routes commerciales.

Or, le saint qu’ils vénèrent plus que nul autre quand il s’agit de combattre, c'est saint Georges.

Là encore, les légendes vont se multiplier: les batailles d’Alcoraz, de Montgisard - qui oppose Baudoin et Saladin -, d’Antioche, deviendront des victoires obtenues grâce à l’intervention de saint Georges parmi les combattants.

Les Croisés viennent de tous les royaumes de l’occident chrétien, de France et d’Angleterre, du duché de Bourgogne, du Saint Empire Germanique... Tous rentreront avec saint Georges dans leurs valises et chacun, sans exception répandra son culte sur son territoire.

 

La croix de saint Georges

Elle est la marque, le logo des Croisés.

Antithèse absolue, dans sa forme, de celle du dragon, c’est elle qu’on retrouve aujourd’hui au centre de l’Union Jack, le drapeau de l’Angleterre.

La Légende dorée

 

Le second élément qui a fait entrer en scène la princesse et contribué à affirmer la renommée de saint Georges est un événement littéraire. En 1260, l’évêque de Gênes, Jacques de Voragine publie en latin La Légende Dorée, un best-seller du Moyen-âge. Il s’agit d’une compilation de récits de vie de saints et particulièrement de saints martyrs.

 

La princesse entre dans la légende

Le chapitre consacré à saint Georges reprend le récit du martyr mais il y ajoute une nouvelle légende:  une princesse a été choisie pour être donnée en sacrifice au dragon. Surgit alors un cavalier au joli visage qu’elle implore de quitter les lieux sous peine de se faire dévorer, mais le dragon survient, le cavalier le terrasse de sa lance, puis ils ramènent ensemble la bête terrassée dans la ville. Pour que la ville en soit définitivement débarrassée, le saint demande la conversion des habitants à la foi chrétienne. Le dragon sera finalement achevé et enterré dans les faubourgs.

 

Star du Moyen-Âge

                       

La Légende Dorée fixe le nouveau motif. Le récit est traduit, copié, diffusé dans toute l’Europe obtient un immense succès. Les images se multiplient de façon inouïe et si on reprend les mots d’Edgar Morin à propos des stars qui peuvent délivrer les mortels de leur misère infinie, de les élever... on peut dire que saint Georges était  une STAR du Moyen-Âge (E. Morin, Les Stars, 1972).

 

Les plus grands artistes mais aussi d'autres moins célèbres, tout aussi inspirés

Les plus grand noms de la peinture, de la Renaissance à nos jours s’emparent du motif, comme Carpaccio, Ucello, Raphael, Rubens mais aussi Dali, Combas, Rosa, Mesnager... Le succès de ces représentations provient aussi d’artistes souvent moins  connus, qui n’auront pas de rétrospective au Grand Palais mais souvent magnifiquement inspirés, et qui ont réalisé des œuvres magnifiques et apporté leur interprétation personnelle au motif.

 

 

Dans les musées, les églises, sur les places, les murs et même les jaquettes de CD

 

Saint Georges met un point d’honneur à figurer en bonne place dans les grands musées, au Louvre à Paris (Raphael, Michel Colombe), à  la National Gallery à Londres (Ucello). Il fait clairement partie du patrimoine de l’art classique. Il assume aussi pleinement son statut de saint et on le croise naturellement dans les cathédrales et les églises, de Stockholm en Suède à Seidnaya en Syrie.

Mais il aime aussi être au grand air, dans les lieux ouverts au vu de monsieur lambda et madame-tout-le-monde et pas seulement des visiteurs de musée et des gens qui vont célébrer leur culte. Alors il occupe le terrain, on le trouve en statue  au milieu des places à Tbilissi, à Zagreb, sur les bords de la Spree à Berlin, sur des murs à Paris, à Gênes, Los Angeles ou Rio.

 

Il fraye sans problème avec les superstitions propres au paganisme, et peu lui importent les supports : images pieuses bien sûr mais aussi objets usuels. Même sur la jaquette du dernier CD de Bob Marley, il lui laisse la vedette et c'est le pape du reggae qui terrasse lui-même le dragon.

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