Une princesse à sauver

 

Une vision de la femme

 

Sans elle rien ne serait arrivé, elle est la cause du combat, c’est pour la sauver que le cavalier se bat contre le dragon.

 

Dans les interprétations chrétiennes, elle représente l’Eglise qu’il faut protéger et sauver.

Elle le personnage féminin du tableau et la manière dont les artistes vont la représenter  va donner des indications sur sa place dans la société.

On constate que jusqu’au 17e elle est fréquemment reléguée au fond du tableau, soit en prière, souvent en compagnie d’un agneau, l'animal associé au sacrifice, soit elle est effrayée et tente de fuir.

 

Elle est belle, elle a beau visage, porte une belle robe rouge, - au Moyen Âge, le vêtement de fête – et sur sa tête, toujours une couronne.

Elle est à la fois exceptionnelle, dans sa robe d’apparat et inscrite dans le temps du tableau et mais comme première spectatrice du combat, c’est son regard qui invite et autorise le nôtre à observer la scène.

 

Dans certains tableaux très remarquables des XVe et XVIe siècle elle est sur le même plan que le dragon et le groupe cheval-cavalier, comme chez Le Tintoret ou Antonio Cicognara. Au cours de siècles on voit sa place évoluer, elle devient de plus en plus présente, pour être au XXe et XXIe siècle fréquemment au premier plan du tableau.

Comme les deux autres personnages, elle est impossible à définir dans des traits univoques et elle va, elle aussi,  proposer des visages multiples : par exemple, chez Rossetti, au XIXe, elle devient la princesse Sabra, modèle de vision romantique un peu désuète mais chez le jeune illustrateur catalan Xavier Mula, c’est elle qui affronte le dragon, qui crache le feu et lui tire la langue.

Femme et dragon, autrefois complices

 

Sur certains tableaux, il est clair qu'entre le dragon et la princesse, on perçoive une troublante complicité.

Comme chez Ucello par exemple où le peintre condense sur la même image deux moments de la légende : l’attaque du dragon avec la lance et celui où la princesse va rentrer au château avec le dragon en laisse.

Mais d’autres artistes poussent cette relation jusqu’à des scènes clairement érotiques comme chez Van der Groes ou Le Tintoret, où sa proximité avec le dragon est manifeste. N’oublions pas qu’au Moyen-Âge le plaisir féminin était considéré comme diabolique.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Google+ Social Icon
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now